I’ll be back !!!

Par CQFPsy dans Newsletter - CQFPSY

S18 – Thérapeutiques – Neurofeedback : physiologie et pensée en action

La formule clef de Terminator, mi-homme mi-robot, pourrait être aussi celle de la formule algorithmique du neurofeedback. En effet le neurofeedback consiste à faire revenir dans notre champ du perceptible ce qui ne l’est pas : nos pensées.

Et si le neurofeedback peut se résumer en une pensée en action, le feedback lui pourrait se traduire en une action en pensées. Car avant le neurofeedback il y avait le feedback, stratégie que nous utilisons constamment pour nous adapter. Lorsque par exemple nous faisons une blague pas drôle (action) et que personne ne rit, notre pensée est alors de ne plus jamais reproduire cette action. Le neurofeedback a, en quelque sorte, ce même but mais dans un système d’action inverse : repérer des cognitions qui nous sont négatives pour les réadapter de façon positive.
Le fait de lire dans les pensées, ou plutôt dans les activités cognitives, n’est pourtant pas nouveau puisqu’il date de plus d’un siècle lors de l’invention de l’électroencéphalographie (EEG). « Quelques » avancées techniques et neuroscientifiques ont néanmoins eu lieu depuis ce siècle passé. Tout d’abord le numérique a remplacé les rouleaux de bandes de papier millimétré sur lesquels le signal était recueilli. On peut ainsi désormais visualiser nos ondes cérébrales sur ordinateur quasi en temps réel, à quelques millisecondes près, lorsque nous chatons, parlons ou encore jouons de la musique.

A quoi je pense ?

Ensuite, et surtout, le fonctionnement cérébral a été mieux compris. Car à quoi sert un signal quand nous n’avons pas toutes les clefs pour le décoder ? Et donc comment modifier ce signal si nous ne savons pas comment il défaille dans la pathologie ?
Et n’extrapolons pas, l’EEG ne rend pas télépathe et ne permet pas de savoir exactement ce à quoi l’autre pense mais plutôt son niveau d’activité cognitive et la localisation de cette dernière. Cela apparait ainsi intéressant dans des pathologies telle que le TDAH pour lequel on sait que l’activité préfrontale et frontale est réduite et pour lequel des preuves scientifiques d’efficacité ont déjà été apportées. Ainsi, et par le biais d’un système de récompenses via le neurofeedback, les patients TDAH pourraient être entrainés à augmenter leur activité frontale et par conséquent leurs capacités d’attention. Mais l’utilité du neurofeedback ne se limiterait pas à cette pathologie et pourrait aussi être d’intérêt pour d’autres troubles tels que les troubles du sommeil notamment par l’entraînement au renforcement des rythmes sensorimoteurs.

A quand les super pouvoirs ?

Et pour aller plus loin, si l’EEG ne rend pas télépathe, il pourrait en revanche nous donner des dons de télékinésie. Déplacer un vaisseau spatial, se déplacer dans un musée virtuel tout ça sans se déplacer de sa chaise est devenu possible grâce à des interfaces homme-machine.
Les pouvoirs de l’imagination prennent ainsi tout leur sens et imaginer n’a jamais rendu les choses autant à portée de main.

Auriane Gros, Nice