Approches thérapeutiques en addictologie : diversité et complémentarité

Par Redacteur CFP dans Synthèse Thématique

Repérer les troubles cognitifs : une priorité en addictologie
De nombreuses études ont montré que les addictions, en particulier l’alcoolodépendance, la dépendance au cannabis et la dépendance à la cocaïne induisaient des troubles cognitifs plus ou moins marqués, mais pouvant avoir un retentissement fonctionnel majeur. Un symposium fera le point sur ce sujet (S12). Les troubles cognitifs liés aux addictions sont en effet fréquemment sous-estimés par les patients et les soignants. Ils peuvent interférer négativement dans la prise en charge : oublis, difficultés à exprimer clairement ses pensées, rendez-vous manqués… Une nouveauté dans ce champ est la mise en évidence de déficits émotionnels, fréquemment rencontrés dans les addictions, en particulier dans l’alcoolodépendance (rencontre avec l’expert : R13).
L’évaluation des troubles cognitifs dès le début de la prise en charge addictologique est à cet égard cruciale. La MoCA (Montréal Cognitive Assessment) pourrait être un instrument de dépistage de référence (S12C).
Remédiation cognitive dans les addictions : enjeu thérapeutique majeur, mais encore peu pratiquée
Les techniques de remédiation cognitive sont balbutiantes en addictologie, alors qu’elles sont utilisées depuis de nombreuses années chez les patients souffrant de schizophrénie. Des études préliminaires ont montré leur intérêt dans les addictions, notamment des études portant sur les fonctions exécutives et la correction des déficits émotionnels (R13). Des communications feront le point sur ces questions (S3C), y compris dans les addictions sexuelles (S30).
Baclofène dans l’alcoolodépendance : suite des épisodes précédents
Le baclofène est aujourd’hui largement utilisé dans la prise en charge des patients alcoolodépendants. Néanmoins, peu d’études randomisées en double aveugle contre placebo ont confirmé de façon formelle les résultats favorables, mais empiriques, de ce traitement, constatés en pratique quotidienne. Quelques résultats préliminaires sur la population incluse de deux études évaluant l’efficacité du baclofène en double aveugle contre placebo, attendus avec impatience par la communauté addictologique, seront présentés lors du CFP 2014 (Forum des associations FA3). L’étude multicentrique Bacloville a été réalisée en médecine de ville (FA3C). L’étude multicentrique Alpadir a été réalisée en milieu hospitalier (FA3D). Ces résultats de ces études seront également importants pour évaluer les effets indésirables du baclofène, mal connus actuellement. Certains d’entre eux, seront rapportés lors du CFP, en particulier trois cas d’hypomanie (poster P007).
Jeu pathologique : plus fréquent sur Internet
Environ 1 % de la population française rencontrent des problèmes de jeux de hasard et d’argent excessifs. En revanche, parmi les joueurs sur Internet, 17 % rencontrent des problèmes de jeu excessif, d’après les données de l’OFDT (S16A, S16C). L’anonymat, l’accès facile et certaines caractéristiques des jeux on line sont des facteurs favorisants (S16A). Un symposium « Ces français qui jouent, du plaisir à l’excès » (S16), fera le point sur les stratégies les plus intéressantes de prévention du jeu pathologique, notamment le repérage des joueurs de poker problématiques (S16B).
Plusieurs études ont retrouvé que la prévention la plus efficace était celle qui était effectuée sur les sites de jeu en ligne par les opérateurs eux-mêmes. Dans cette perspective, la loi du 12 mai 2010 a prévu des modérateurs de jeu pour prévenir les pratiques de jeu excessives. Une communication (S16C) présentera les résultats d’une évaluation de l’efficacité de ces modérateurs, qu’ils existent déjà, notamment l’auto-exclusion et l’auto-limitation, ou qu’ils soient nouveaux, notamment la limitation des bonus et l’information via des pop-up.
Addictions sexuelles : une pathologie mal connue
De plus en plus de patients consultent pour des troubles liés à des conduites sexuelles excessives. Celles-ci restent encore mal connues et les cliniciens se sentent souvent désarmés quant à leur prise en charge. En premier lieu, il n’y a pas de consensus sur leur définition ni sur leur appellation : addiction sexuelle ou hypersexualité par exemple (S30A). Leurs caractéristiques cliniques, très diverses, ne sont pas clairement établies. Un symposium (S30) fera le point sur l’avancée des connaissances sur cette pathologie.