Ceci n’est pas un Bolero

Par sebastien chary dans Newsletter - CQFPSY

D07 – Radio, télévision, MP3… Et si les sons compressés nuisaient à notre psychisme ?
Modérateur : Caroline DEMILY – Bron
Pour : Christian HUGONNET – Paris
Contre : Hung THAÏ-VAN – Lyon

Mais où est passé le temps des comptines jouées au piano, des concerts déjantés et des 33 tours tournant sur les platines ? Il parait bien loin… Dès le berceau, nos enfants sont désormais bercés au remastérisé, nos adolescents s’endorment au casque, et nous oublions l’essence de la musique. L’essence dans les micro-silences. Ces micro-silences, comme une respiration, sont un souffle nécessaire. Sans eux, nos oreilles n’ont plus de repos et notre cerveau tourne au ralenti, sans chercher à comprendre le monde et l’environnement qui l’entoure.

Comment se parler sans un espace pour entendre l’Autre, comment lui laisser sa place quand nous sommes chaque jour animés par des musiques sans début ni fin ? Christian Hugonnet, à travers sa présentation, a joué avec et pour nos oreilles afin de nous montrer combien ces silences sont importants et combien les sons compressés, orphelins de ces micro-silences, nous font dire : « Ça ressemble au Bolero de Ravel mais ce n’est pas le Bolero de Ravel ! ».

à quoi ressemble une déclaration d’amour ?

Quand la ville bat à 70 décibels comment entendre un « Je t’aime » chuchoté à 40 décibels sur les Champs Elysées ? Le monde est musique, notre pas le premier, il comprend 24 signifiants différents selon le type de la marche, la nature du sol ou encore l’état d’esprit. Mais la rumeur de la ville avec son brouhaha incessant ne permet plus de percevoir ce type de sonorité. Et avec son pas c’est une identité qui disparait.

et l’impact sur notre santé ?

Si les sons compressés nuisent à nos déclarations d’amour, à la perception de notre identité et à notre façon d’écouter le monde, le Pr Hung Thaï Van nous rappelle qu’ils sont aussi un problème de santé publique. Ce n’est pas la quantité qui compte, c’est la durée. Plus d’une heure chaque jour branchés à votre Iphone devient dangereux, que vous écoutiez de l’électro ou du Bolero ! Tout comme elle sait apprécier la beauté des micro-silences, notre oreille a aussi besoin de micro-repos pour se ménager sans risquer le traumatisme.

Mais cela devient encore plus compliqué quand on sait que nous ne sommes pas tous égaux devant le son et les traumatismes sonores. Comment établir une règle générale alors que le risque sonore appartient davantage à des spécificités individuelles ? Misez sur la dynamique et l’énergie ! L’oreille a besoin de dynamique, de changements, mais l’énergie sonore doit être contrôlée et différenciée de celle de la parole.


une conclusion ?

Oubliez les sons compressés, pour vos cellules grises, pour vos cellules ciliées, pour votre identité et celle de l’Autre, pour écouter…

Auriane Gros, Renaud David,
Nice