3e Journée de l’ACCompagnement et de l’action médico-sociale – JACC 2020



Mercredi 25 novembre 2020 de 9h30 à 17h00

Comité scientifique : Olivier CANCEIL – Santé Mentale France – Paris, Jean-Philippe CAVROY – ClubHouse France – Paris, Jean-Yves GIORDANA – AHSM – Nice, Stéphane GRANGE – Messidor – Annecy, Annick HENNION – Fondation Falret – Paris, Denis LEGUAY – CReHPsy Pays de la Loire – Angers, Claire LE ROY HATALA – ClubHouse France – Paris, Typhaine MAHÉ – CNSA – Paris, Denis MAQUET – Oeuvre Falret – Paris, Bernard PACHOUD – Paris, Marie-Jeanne RICHARD – UNAFAM –
L’inscription au CFP 2020 inclut celle de la Journée de l’ACCompagnement et de l’action médico-sociale

Inscription en ligne - JACC 2020                               S'inscrire en ligne à l'ensemble du CFP 2020

L’accompagnement, la protection et le respect des droits : premiers enseignements de la crise du Covid-19
L’approche par les droits, mise en œuvre en situation de crise
Journée animée par Bernard Pachoud et Denis Leguay

Argument
La crise liée au Covid-19 a rappelé à tous notre vulnérabilité commune, notre dépendance partagée à l’environnement, mais aussi l’importance des ressources de soins médicaux de qualité, ainsi que de toutes les activités, habituellement peu valorisées, du prendre soin (du «care »), en particulier des plus vulnérables.

Dans le champ de la santé mentale, ces pratiques et politiques d’accompagnement et de réhabilitation psychosociale se sont transformées depuis quelques années, en lien avec l’évolution du regard porté sur les personnes vivant avec un trouble psychique et sur leur devenir. La perspective du rétablissement, dès lors qu’elle apparaît accessible et devient l’objectif prioritaire de ces pratiques, requiert de nouvelles conceptions des modes d’intervention et de soutien. Cette évolution des pratiques est par ailleurs influencée par des changements de paradigme, en médecine (avec notamment le développement du paradigme des maladies chroniques), mais aussi au niveau plus général des politiques publiques et de l’action sociale.

Parmi ces nouveaux paradigmes, nous proposons d’évoquer l’approche fondée sur les droits et ce qu’elle implique dans les pratiques d’accompagnement en santé mentale. Cette perspective, devenue le cadre de référence des politiques de développement des Nations Unies, doit être comprise comme alternative à l’approche traditionnelle, fondée sur les besoins. Les personnes n’y sont plus considérées comme l’objet d’une aide, mais comme des acteurs à part entière, au regard de leurs droits fondamentaux. Pour les professionnels du soin et de l’accompagnement, cette valorisation de la participation et de la liberté des usagers implique un ajustement de leur posture, des arbitrages quotidiens entre les logiques de promotion de l’autonomie et celles de la protection de personnes vulnérables.

Cette problématique a trouvé, avec la crise du CoVid 19, un spectaculaire espace d’expression.

A ressurgi la compétition entre la logique des besoins et la logique des droits. Les personnes en situation de handicap, identifiées comme « vulnérables », durent faire l’expérience de nouvelles contraintes, abandonner les espaces d’autodétermination pour respecter de nouvelles règles, au nom de la protection de leur santé, de leurs comorbidités supposées, de leurs difficultés à se défendre, ou à respecter les protocoles. D’autres populations furent aussi concernées, donnant à réfléchir à l’ensemble du corps social, les personnes âgées en EHPAD, les personnes sous main de justice…

Quelques mois après cette tragédie, nous proposons que soit réabordée, et remise dans son contexte l’expérience vécue de la tension entre ces deux approches, qui ne pourra trouver de juste équilibre que par une délibération d’ordre éthique, contextualisée pour chaque situation, et dont nous cernerons les contours

Les contributions à cette journée viseront à apporter un éclairage sur la variété des transformations appelées par cette approche par les droits mais aussi sur les difficultés soulevées par cette approche dans les situations de crise.

Programme

Matin : L’approche par les droits

Cette première demi-journée sera consacrée à définir cette approche et à explorer ses déclinaisons.

Seront abordés les fondements et l’histoire de cette approche, ses liens avec des notions connexes (de capabilités, d’empowerment, de démocratie sanitaire) et les pratiques qui s’en inspirent. La thématique sera envisagée dans l’activité du défenseur des droits, dans les modes de gestion des conflits normatifs vécus par les professionnels du soin et de l’accompagnement, dans l’expérience et les attentes des familles.

Après-midi : L’expérience du CoVid-19

La crise du CoVid-19 a montré le caractère essentiel de l’accompagnement, d’un soutien de proximité aux personnes vivant avec des troubles psychiques et confrontées à l’isolement, au confinement, aux défis à relever pour garder le contact, partager et maîtriser leurs émotions, lutter contre le découragement, poursuivre leur rétablissement. Elle a montré aussi que ces pratiques d’accompagnement et de soutien ont pu se poursuivre, en s’adaptant rapidement à la situation de confinement, avec une inventivité qui sera illustrée par plusieurs présentations. L’accompagnement, quand il est à ce point nécessaire, est donc un droit. Quelles ressources, quelle organisation, seraient-elles alors appropriées ?


_______________________________________________________________________

Programme de la Journée du mercredi 4 décembre 2019
Travail et réalisation de soi 

Télécharger le programme de la JACC 2020

Argument :
Le travail, la dignité et le rôle social qu’il confère, les relations personnelles qu’il permet, le gain de pouvoir d’achat, la stimulation cognitive qu’il induit, sont, on le sait, de puissants facteurs de rétablissement.
Il est donc recommandable de travailler.

Ce constat fait, de multiples interrogations surgissent, et les réponses n’abondent pas. D’abord la question de la motivation, aux multiples facteurs, « Est-ce possible, est-ce crédible, pourquoi en aurais-je envie ?
Travailler peut-il vraiment améliorer ma vie ? »

Puis celle de la capacité, « En serai-je capable ? Aurai-je le temps d’apprendre le nécessaire ? » et celle de l’employabilité, « Mes compétences peuvent-elles intéresser un employeur ? »

Et puis… si, décidément, un emploi était, pour moi, inatteignable ? Ou si le travail ne constituait pas pour moi une priorité ?

Mais autour de ces questions centrales, de nombreux autres registres s’invitent.
Celui du lien avec le logement, celui du parcours médico-administratif, pour être admis en établissement de travail protégé, ou celui de l’aide à requérir pour décrocher un contrat en milieu ordinaire… Pôle emploi ? Cap Emploi ? Emploi accompagné ?
Et l’entretien d’embauche, l’intégration dans l’entreprise, ou le collectif de travail : quelles réalités de terrain ? Faut-il tout dire des difficultés ? « déstigmatiser » de façon volontariste ? Compter sur l’intelligence collective et la bienveillance, ou rester pragmatiques et discrets ?

Notre journée abordera tous ces aspects concrets, qui ont souvent, et déjà, donné lieu, sur le terrain, à la construction de réponses pertinentes.
Qu’en retirer ? Quelles solutions méritent-elles une généralisation ? La réglementation doit-elle évoluer et pour privilégier quelles approches ?

Cette troisième Journée de l’ACCompagnement, organisée dans le cadre du Congrès Français de Psychiatrie cherchera à imaginer l’avenir, et à contribuer à sa construction.

 

 Quatre thèmes seront déclinés au cours de cette journée :

1 – Travailler, seule solution pour le rétablissement ?
Est-il nécessaire, incontournable d’accéder à un emploi pour se rétablir ? Le travail, par la posture sociale qu’il permet, est un atout maître, mais doit il être le seul ? Devrait-on considérer qu’hors le travail point de salut ? Y a-t-il, dans notre société, une injonction à travailler ? Le rétablissement serait-il amoindri par l’absence de statut professionnel ? Et qu’en pensent les personnes vivant avec des troubles psychiques, qui, de leur fait, ne peuvent – ou ne veulent – se lancer dans la quête de l’emploi ?
Intervenants pressentis : Florian Forestier, (philosophe), Jean-Philippe Cavroy et Philippa Motte (ClubHouse Paris)

2 – Accéder à l’emploi, un « parcours de dingue !
Pour les personnes en situation de handicap, davantage encore que pour tout autre citoyen, l’accès à un emploi durable, en milieu ordinaire, relève du parcours du combattant. Ce parcours est en soi un obstacle. Affronter, d’abord, les mots, le doute, les postures de ceux qui, d’avance, n’y croiront pas. Puis la complexité des dispositifs administratifs censés aider à s’y engager qui, paradoxalement, peuvent retarder, voire entraver l’inclusion professionnelle. Que faudrait-il faire ? Que faudrait-il changer dans le regard, et dans la réglementation ? Quels moyens, quels programmes, quelles stratégies aident-ils, préparent-ils à l’accès, et au maintien dans l’emploi ?
Intervenants pressentis : Matthieu Lafréchoux (Geist Mayenne) accompagné d’un usager, Nicolas Franck (Lyon, CL3R)

3 – Faut-il supprimer les établissements de travail protégé ?
Les politiques publiques récemment annoncées semblent vouloir donner une impulsion nouvelle à l’accès au milieu ordinaire de travail. Les personnes en situation de handicap psychique, sans déficit intellectuel, pourraient bien s’y voir désormais préférentiellement orientés et les ESAT fermement invités à se transformer radicalement. Cette orientation est elle justifiée ? Quelle mission, en se transformant, les établissements et structures de travail protégé pourraient-ils continuer à remplir au bénéfice des usagers ?
Intervenants pressentis : Stéphane Grange (Messidor), Eric Berguio (ESAT de Mezin), Didier Charlanne (VYV Care)

4 – Et l’Emploi Accompagné ?
L’Emploi accompagné (Soutien en emploi, programme « IPS ») connaît désormais une faveur grandissante, au vu des plaidoyers qui se multiplient, et du caractère probant de ses résultats. Depuis le rapport Le Houerou (2014), beaucoup de chemin a été parcouru en France, comme dans nombre de pays européens. L’emploi accompagné semble particulièrement convenir aux personnes en situation de handicap psychique et désirant travailler. Des évaluations sont conduites, des rapports d’expérience sont désormais disponibles. Que peut-on en dire en 2019 ? Les méthodes ont elles évolué ? Les résultats sont-ils encore, avec le recul, spectaculaires ?
Intervenants pressentis : Marc Corbière (Québec, UQAM), Bernard Pachoud (Paris Diderot), Danièle Spanioli (Lausanne)

Journée modérée par Denis Leguay (Angers)


L’inscription au CFP 2020 inclut celle de la Journée de l’ACCompagnement médico-social


Inscription en ligne - JACC 2020                        S'inscrire en ligne à l'ensemble du CFP 2020

Retour sur le programme 2019        Télécharger le programme de la JACC 2020