CQFPsy Mag : Supplément Kamasutra.

Par CQFPsy dans Actualités Actualités scientifiques Newsletter - CQFPSY

CFP2020

FA15 – CRIAVS – La sexualité, du normal au pathologique

Bateau ivre, pieuvre, cavalière, cadenas. Dans chacun de ces mots, pourtant anodins, se cache une dose d’érotisme qui nous rappelle que la sexualité est partout. Partout sur le net, sur les moteurs de recherche, source d’addictions ou de fantasmes, la sexualité s’exhibe mais la sexualité s’apprend et se réfléchit également. Des troubles de nature sexuelle à la prise en charge des patients par et pour la sexualité, cette dernière fait débat et nous entraine dans des ébats sous tous les angles et toutes les positions.

Points forts :

A travers le regard de trois experts, trois positions seront dévoilées.

  1. La pieuvre mettra en évidence l’omniprésence de la sexualité et la difficulté du concept de normalité.
  2. La levrette, en tutoriel ou en publicité, interrogera sur les liens entre addiction sexuelle et violence sexuelle.
  3. La cavalière, nous rappellera que la taille, ou plutôt que la dimension, compte en sexualité mais aussi que la sexualité s’apprend et que sa prise en charge est cruciale.
La pieuvre : la sexualité est partout.
Pour réussir cette position il faudra, à la manière de la sexualité, pouvoir se trouver partout à la fois et sous tous angles confondus.
Quelques conseils pour satisfaire votre partenaire ? Alors sachez que l’origine culturelle de ce.tte dernier.e influencera sûrement ses préférences. En effet, Sébastien Prat nous apprend que chaque pays semble avoir ses mots clefs quant aux recherches sur la sexualité. Alors qu’en Pologne et en Espagne la maturité fait de l’effet (keywords : MILF et mature), en Australie ce sont plutôt les relations entre même sexe qui ont du succès (keyword : lesbian). Enfin attention à vos arrières si vous êtes en France (keyword : anal).
Quelle sera l’endurance de votre partenaire ? Si nous n’avons pas de réponse certaine, nous pouvons émettre des hypothèses en nous intéressant à la durée de visite sur les sites pornographiques selon les pays. Ainsi, si la Thaïlande prend son temps, la Russie a plus de risques de vous laisser précocement sur votre faim.
Vous vous interrogerez peut-être sur les limites à franchir. Alors vous frôlerez une question en pratique très problématique quant au concept de normalité. Selon si vous êtes un homme ou une femme ce concept, en termes de fantasmes, pourra différer. Mais rassurez-vous, les fantasmes ont l’avantage de favoriser la reproduction et ceux déviants auront tendance à diminuer avec l’âge. Si vos fantasmes vous incitent à surfer sur le pornonet il faudra en revanche être méfiant face à une pratique extrême qui généra l’augmentation des fantasmes peu communs mais aussi le risque de diminution de votre libido, particulièrement pour les relations sexuelles dites plus classiques.
 
 
La sexualité est une activité essentielle pour le bien-être mais qui a tendance à être banalisée à l’image des tutoriels positionnels. Bien loin de la position classique du missionnaire, cette sexualité s’exhibe à la télévision, dans les publicités ou sur le net.
Cette surreprésentation interroge sur l’image d’une sexualité erronée excluant les affects et les addictions sexuelles pouvant en découler. De plus, si addiction sexuelle et violence sexuelle entretiennent des liens, Ingrid Bertsch nous rappelle qu’elles sont souvent confondues à tort et que leur relation ne doit pas être systématisée. Une confusion tout aussi médiatisée que la sexualité elle-même, à l’image des nombreuses déclarations de ces dernières années de l’affaire Dominique Strauss-Kahn à celle de Tiger Woods.
 
La cavalière : Quand la taille compte.
Et ce n’est pas Benjamin Griveaux qui nous contredira…
Ou plutôt quand la dimension compte selon Cécile Miele. Car, tout comme il n’existe pas qu’une seule position, les dimensions de la sexualité sont elles aussi multiples et agissent sous une dynamique complexe. Mais notre experte rappelle surtout que, même si la dimension compte, la sexualité s’apprend. Rassurez-vous ainsi car, même si la sexualité n’est ni simple, ni basique,  vous pouvez développer vos compétences pour tenir les rênes. Ne soyez pas cavalier, oubliez vos idées de performances et gardez à l’esprit que la sexualité n’est ni dangereuse, ni fondée sur la reproduction mais bien source de désir et de plaisir. Celle-ci s’explore et se chevauche de façon unique selon chaque partenaire.
Cette complexité de la sexualité se dévoile d’autant plus dans le cadre de pathologies psychiatriques où l’ensemble des dimensions, de la perception du corps à la relation, peut être affecté. Néanmoins, la sexualité ne doit pas être perçue comme un danger pour le patient en psychiatrie mais comme un espace de socialisation permettant la promotion de la santé sexuelle. Dans ce cadre, il est possible de travailler pour et par la sexualité, notamment par le biais d’interventions sur la relation, l’information, les approches corporelles, ou encore la remédiation cognitive.
 
En termes de sexualité, quelle que soit votre position, n’oubliez pas de prendre du plaisir !
 
 

Auriane Gros, Nice.