Le CFP, déjà un classique… connu des classiques

Par sebastien chary dans Actualités

Ainsi, V HUGO[1]

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui vont au CFP ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l’âme et le front.
Ceux qui d’un haut destin gravissent l’âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d’un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! Les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c’est d’exister sans connaître le CFP.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d’être en ne pensant pas.
Ils sont les passants froids sans but, sans nœud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s’écroule en nuage ;
Ceux qu’on ne connaît pas, ceux qu’on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L’ombre obscure autour d’eux se prolonge et recule ;
Ils n’ont du plein midi qu’un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

C’est pourquoi le même auteur attend avec impatience le prochain CFP et exprime très clairement qu’il a hâte de venir à Nantes du 26 au 29 novembre 2014.

 Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que l’on m’attend.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin du CFP plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Attendant le 26 novembre, à nouveau ébloui,
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers La Baule,
Et quand j’arriverai, je cocherai du programme
Un bouquet de sessions et de débats brillants.[2]
Un autre participant essaie de résumer l’ampleur, l’intensité et la richesse du Congrès

Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port (de Nice),
Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure,
Brûlant d’impatience, autour de moi demeure,
Ils abordent sans peur, ils écrivent, ils discutent,
la conférence inaugurale nous attend. Nous nous levons alors, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Ô combien d’inscrits, combien de psy célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des discours qu’il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait ! J’allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns et soutenir les autres,
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et au bout de 3 jours de sessions et rencontres
Le combat cessa faute de combattants.[3]

On attend cette année W.  SHAKESPEARE qui veut comprendre les comportements pathologiques de plusieurs de ses proches, Lady Macbeth, le jeune Hamlet ou le vieux roi Lear notamment.
Mais celui qui résume le mieux l’opinion générale est Louis PERGAUD qui n’a pas pu venir l’an passé et répète à qui veut l’entendre : « si j’aurais su, j’aurais venu »[4] 

Venez vous aussi, Nantes vous tend les bras. Jules VERNE est déjà sur place et Lulu la nantaise compte revenir de Biên hoa.

 Carol JONAS,Tours
 Bureau du CFP


[1] HUGO Victor, Les châtiments  « ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent », 1853
[2] HUGO Victor, Les contemplations, 1856
[3] CORNEILLE P, Le Cid, acte IV, scène 3
[4] PERGAUD L, 1913 et ROBERT Y, 1962 La guerre des boutons,