Retour vers le futur

Par Redacteur CFP dans Newsletter - CQFPSY

S07 – Perception du temps & pandémie : émotions, ennui et suicide.

« Es solo cuestion de tiempo » : si Doc était arrivé dans sa Dolorean à notre époque c’est probablement l’affiche qu’il aurait percutée à son arrivée à la foire d’art contemporain de Madrid. Il faut dire que Doc a fait son bout de chemin autant qu’il a fait son temps. Mais qu’aurait-il pensé de notre perception actuelle de la temporalité ?

J’espère qu’on va la trouver avant qu’elle ne se trouve elle-même…”

Car c’est sûrement davantage la temporalité qui nous trouve et nous rencontre avant que nous ne la discriminions. De nos jours, la pizza qui se réhydrate en 4 secondes tient davantage de la rapidité du livreur uber eat et le laçage éclair des Nike de Marty Mc Fly, d’une retouche d’un influenceur sur snap’ que d’une avancée futuriste. Le temps présent apparait davantage retouché qu’avancé. Notre compréhension du temps a également évolué et ne réside plus dans le plutonium mais dans le cortex insulaire. Mais un point commun demeure : le temps passait plus vite pour McFly lorsqu’il était accompagné de Jennifer Parker. Et s’il est suggéré un rôle spécifique de l’insula droite dans la discrimination des durées, elle ne semble en revanche pas influer sur la distorsion temporelle liée à l’émotion.

« Ça c’est du rock ! »

Si le rock animait Marty dans le passé comme dans le futur, la musique nous a, quant à elle, beaucoup manqué durant le confinement. Quelles que soient nos conditions de vie, en ville ou à la campagne, nous nous sommes tous ennuyés. Comme si le temps s’était arrêté, nos journées n’étaient plus rythmées que ce soit au son du métronome ou par le biais de nos activités habituelles. Et si Marty avait des difficultés à raisonner en quatre dimensions, nous avions tous des difficultés à fonctionner confinés en une seule dimension. Le temps, rapide, accéléré, en quatre dimensions dans Retour vers le futur est ainsi devenu lent à mesure de notre ennui. La Dolorean, objet d’étude de Doc a trouvé sa production contraire dans le confinement. Une expérience ralentie du temps qui mérite d’être explorée dans toutes ses dimensions.

« Nom de Zeus ! »

A l’image du visage de Mc Fly qui disparait sur une photo, le confinement a pu générer une perte d’identité et une solitude exacerbée. L’ennui, en plus de ralentir notre perception temporelle, a ainsi eu des conséquences sur les pensées suicidaires. Le ralentissement du temps a été démontré comme corrélé avec la sévérité des idées suicidaires et pouvant influencer à la fois l’intensité et la durée du processus suicidaire. Cette perception de ralentissement du temps peut être due au confinement mais également être déclenchée par une douleur psychologique intense. Cette compréhension temporelle a ainsi toute son importance dans le futur pour une meilleure prévention du suicide.

Suivez nos orateurs aux frontières du temps. Et si vous n’êtes pas encore prêts pour ce genre de choses, « vos gosses vont adorer ça » ! Et c’est Doc qui vous le dit.

 

Auriane Gros
Nice